LES COMPTES DE

François Hollande

Président · 2012–2017. Cinq ans. Le ratio monte encore. Le déficit, lui, se referme. Les deux phrases sont vraies.

2012  →  ~92 % du PIB
2017  →  ~99 % du PIB
Δ     →  +7 pts

Source : Insee, dette Maastricht

2012 2017 Δ
Dette / PIB ~92 % ~99 % +7 pts
Déficit / PIB ~5,0 % ~2,6 % refermé
Palier post-Sarkozy sous 100 % pas redescendu

La phrase

14 janvier 2014, vœux : l’urgence est au « sérieux budgétaire » — réduction des déficits, effort sur la dépense. Le mot d’ordre du quinquennat, après le « choc de compétitivité ».

Repère : vœux présidentiels 2014 (Présidence / presse). Le déficit notifié passe bien sous 3 % en 2017 selon Insee.

Ce que ces chiffres disent

Hollande hérite du palier 90 %. Il le pousse vers 99. Personne ne redescend. En même temps, le déficit annuel est le seul de la série récente à revenir près de Maastricht (2,6 % en 2017, après ~5 % en 2012).

C’est le quinquennat « on serre le flux, on ne touche pas le stock ».

Ce qu’ils ne disent pas

Que 2,6 % soit un miracle : la croissance revient, les taux sont bas, l’impôt pèse. Que +7 points soient une orgie : comparé à Sarkozy +26 ou Macron +17, c’est le plus petit saut de ratio depuis Mitterrand.

Le CICE et le pacte de responsabilité ont un coût. Il est dans les recettes, pas dans un portique.

Meilleur chiffre

Le déficit 2017, ~2,6 % du PIB. Rare, dans cette maison.

Pire chiffre

Le ratio qui franchit quand même la zone 98–99 %. Le stock n’attend pas que le flux soit sage.

La dinguerie, précisément

Pas le 2,6 %. Pas même le +7.

Avoir tenu le « sérieux budgétaire » comme identité, puis laisser croire — à gauche comme à droite — que le quinquennat n’aurait « rien fait » sur les comptes. Les comptes disent autre chose : un flux qui se referme, un stock qui ne redescend pas. Les deux.

Mention Disette : le moins spectaculaire. Donc le plus utile à lire.