LES COMPTES DE
Jacques Chirac
Président · 17 mai 1995 – 16 mai 2007. Douze ans, une cohabitation Jospin, l’euro. Le ratio bouge peu. Il ne redescend pas. 1986–88 à Matignon est déjà dans Mitterrand.
1995 → ~58 % du PIB
2007 → ~66 % du PIB
Δ → +8 pts
Source : Insee, dette Maastricht · les ~ : le tilde. Voir Dette.
| 1995 | 2001 | 2003 | 2007 | |
|---|---|---|---|---|
| Dette / PIB | ~58 % | ~59 % | ~65 % | ~66 % |
| Déficit / PIB | ~−5 % | ~−1,4 % | ~−4 % | ~−2,6 % |
| il reçoit | cagnotte / Jospin | le Pacte cassé | il transmet |
Lecture : 1997–2001, la croissance rabat le ratio. 2002, le 3 % et le 60 % sautent. 2003, Paris et Berlin s’assoient sur le Pacte. 2006–07, le flux revient sous 3. Le stock, non.
La phrase
29 septembre 1995, Le Havre : « La priorité, c’est la réduction des déficits (…). C’est un effort à faire pendant deux ans. » Avril 1995, campagne : Maastricht est une « obligation positive ». Il faut « réduire les déficits et désendetter l’État ».
Repères : Le Havre, 29 septembre 1995 · entretien L’Express, 20 avril 1995. Deux ans. Il reste douze. Le ratio finit plus haut.
Ce que ces chiffres disent
Plus petit saut présidentiel de la série Disette, avec Hollande. Douze ans pour +8. Ce n’est pas une orgie. Ce n’est pas un désendettement non plus.
L’euro arrive (1999 scriptural, 2002 espèces). Le critère déficit est tenu pour y entrer, puis lâché en 2002–04. Le critère dette (60 %) est franchi et devient un souvenir. Sarkozy partira de ~66.
Ce qu’ils ne disent pas
Que Chirac « vaut » +8 tout seul. Jospin gouverne 1997–2002. Juppé prend les grèves de 1995. Raffarin et Villepin signent 2002–07. Les taux d’alors sont hauts : une part du stock, c’est r − g, pas une fête.
Ils ne disent pas non plus que 2001 soit un assainissement. Déficit ~1,4 % : la croissance de la bulle, pas un plancher nouveau. La « cagnotte » a été disputée. Elle n’a pas servi à rendre des points de ratio pour de bon.
Meilleur chiffre
2001, déficit ~1,4 %, ratio encore sous 60. Le plus près d’un vrai repli. Il ne tient pas.
Pire chiffre
2003. France + Allemagne. Le Pacte de stabilité devient optionnel pour les grands. Le 60 % n’est plus une ligne. C’est un étage.
La dinguerie, précisément
Pas d’avoir visé l’euro. Le traité était ratifié. Pas le +8. Comparé à Mitterrand +36 ou Sarkozy +26, c’est calme.
Avoir dit en 1995 que la priorité était de désendetter — « deux ans » — puis, l’euro en poche, traiter le 3 % et le 60 % comme des contraintes d’à côté. 2003 ouvre la brèche. Tous les suivants marchent dans un Pacte déjà plié. Le plancher de 1995 n’a jamais été un plafond de 2007.
Mention Disette : le mandat plat. Donc le plus facile à rater. Voir Mitterrand pour l’étage d’avant, Sarkozy pour le cran d’après.
