LES COMPTES DE

Bruno Le Maire

Économie et Finances · 2017–2024. Record de longévité à Bercy sous la Ve. Le surnom « l’homme aux 1 000 milliards » est paresseux. Le stock, lui, est Insee.

2017  →  ~2 218 Md€  ·  ~98 % du PIB
2024  →  ~3 305 Md€  ·  ~113 % du PIB
Δ     →  ~+1 090 Md€ en sept ans

Source : Franceinfo d’après Insee · Insee, dette Maastricht

Arrivée ~2017 Départ ~2024 Δ
Dette / PIB ~99 % ~113 % +14 pts
Dette Md€ ~2 260 ~3 305 +1 045
Déficit / PIB −2,9 % (2017) −5,8 % (2024) creusé

Ce qu’il a dit

2 mars 2021 : « Il n’y a aucune inquiétude à avoir concernant la capacité de notre pays à financer sa dette. » — Vie publique

Juin 2024, BFMTV : « Si aujourd’hui notre niveau de dette est élevé, c’est parce que j’ai sauvé l’économie française. »

Octobre 2025, podcast Lenglet : « Ils venaient tous pleurer dans mon bureau pour que je dépense plus. » Depuis son départ, la dette a encore augmenté. C’est vrai. Ça n’annule pas les 1 090 Md€ du mandat.

Ce que ces chiffres disent

Le stock a pris ~1 000 Md€ sous son ministère. Le ratio quitte la zone 98–99 % et dépasse 110. Le déficit 2024 (5,8 %) n’est plus un accident Covid.

Ce qu’ils ne disent pas

Covid et énergie expliquent une part majoritaire du saut, pas tout (OFCE : moitié à deux tiers). Les baisses d’impôts non gagées pèsent 4 à 6 points de PIB. Un ministre de Bercy n’est pas à lui seul le budget — il le signe encore.

Cour des comptes, juillet 2024 : situation « très dégradée ». La France sort du Covid avec ~10 points de dette de plus que ses partenaires de la zone euro « à mesures comparables ».

Sénat, 2024 : écart de prévision 2023 inédit depuis 25 ans (5,5 % constaté contre 4,9 % promis).

Meilleur chiffre

L’activité tenue en 2020–21. Ça a un prix. Il est sur la ligne d’intérêts 2025 : 64,7 Md€.

Pire chiffre

La copie 2023–24 sur le déficit. Puis parler comme si la charge d’intérêts allait rester à 30 Md€ et le déficit sous 3 % en 2027.

La dinguerie, précisément

Pas les romans. Pas le patrimoine HATVP. Si ça n’a pas de ligne dans un compte public, ça n’entre pas.

Tenir sept ans Bercy, signer la trajectoire, encaisser le « quoi qu’il en coûte », puis dire « aucune inquiétude ». En 2025 les intérêts APU sont à 64,7 Md€. Le déficit est encore > 5 %. Ce n’est plus cette phrase.

On peut soutenir que le chômage partiel valait son prix. On ne peut pas soutenir que le stock n’a pas bougé, ni que le ministre n’était pas dans la pièce.

Mention Disette : sauvetage à crédit, bulletin signé, copie à revoir sur la trajectoire.